mercredi 10 avril 2013

De Cajamarca a Cajabamba

Mercredi 3 avril

Nous quittons Cajamarca par des rues boueuses avant de rejoindre plus loin un chemin empierre. Nous traversons Banos del Inca ou nous nous arretons manger, puis allons vers Shaullo Grande ou nous pensons nous arreter dormir. Il s agit en faite d un tout petit village : l eglise est fermee, le pretre ne vie pas la. Je me dirige vers un groupe de femmes qui discutent devant un batiment qui ressemble a une ecole maternelle. Je leurs demande s il est possible d y passer la nuit. Elles me repondent que non et qu il vaut mieux aller la ou il n y a personne : nous ne sommes pas les bienvenus. Stephanie ne se sent pas en securite. Nous continuons donc notre route en direction cette fois de Namora.
La meteo n est toujours pas avec nous, pour le moment au Perou les jours passent et se ressemblent : beaucoup de fortes averses surtout l apres midi. C est un vrai handicape pour poser notre tente ainsi que pour avancer parfois dans le boue ou pour traverser des cours d eau grossis par la pluie.
Alors que la nuit approche, et que nous essuyons de nouveau une averse, un homme nous interpelle depuis sa maison, il est trop loin nous ne comprenons pas ce qu il nous dit, nous nous approchons. Arrives a sa hauteur, il se presente : Hypolito, il a ete president de la communaute pendant 18 ans. Il nous explique qu il a deja vu des marcheurs ici : un couple qui se rendait en Argentine par les chemins Incas, il ne se souvient plus de leurs noms. Hypolito nous propose de dormir dans un de ses batiments. Nous acceptons epuises par notre journee.
Ce soir pour nos cinq mois de mariage nous nous endormons dans une etable apres avoir manger un paquet de biscuits a la vanille en guise de diner.

Jeudi 4 avril

Au matin, nous reprenons la route sans avoir pu dire un merci a Hypolito parti tres tot au travail. Nous sommes toujours ennuyes par le temps. Nous marchons par etapes de 20 a 25 kilometres par jour rejoignant un village afin de trouver un endroit au sec car la pluie ne nous permet pas de planter la toile de tente. En effet, les terrains sont gorges d eau et il pleut beaucoup la nuit. Rien ne sert d installer la tente si c est pour se retrouver les pieds dans l eau le lendemain et perdre du temps a faire secher la tente. La journee aura ete eprouvante par les aboiement incessant des chiens. De plus, que les proprietaires se trouvant souvent a cote ne les appellent pas donc nous nous protegeons avec nos batons. Entre la pluie et les chiens nous en avons marre. Mickael est epuise psychologiquement alors je prend le relais pour qu il puisse souffler et avancer. Nous irons jusqu a Matara ou nous serons loge par la municipalite. Nous en profitons pour prendre une douche... froide bien sure, nous commencons a nous habituer.

Vendredi 5 avril

A la sortie de Matara, ce matin nous en profitons pour acheter 12 petites brioches (biscochos) pour 2 Soles en complement de notre petit dejeuner. Nous sortons du village par des chemins avant de retrouver une route asphaltee peu empruntee. Nous arrivons a San Marcos pour la sortie des classes vers 13h. Les jeunes nous lancent des "Hello !" ou encore des "Good morning !". Sur notre passage nous entendons aussi des mot moins sympathique "Gringos"... Nous avons beau etre sale de la tete aux pieds, avoir un gros sac a dos et marcher, nous sommes  tout de meme pris pour des touristes nord americain. Les gens ne repondent pas quand nous leurs souhaitons "Buenas tardes"... L'arrivee a San Marcos est pour le coup difficile. Stephanie ne se sent pas en securite. Nous nous refermons sur nous meme. Nous continuons notre avancee vers la Plaza des armas (place centrale au coeur de chaque ville). Seul l homme de la securite de la place viendra nous parler pour savoir ce que l on cherche. La mairie nous propose pour dormir un vestiaire du gymnase que nous declinons au vu de la proprete et de l odeur du local. Nous allons ensuite au presbytere ou un jeune pretre peu causant nous accepte. Nous dormons a l abri en securite mais nous n aurons pas d echange avec le pretre. Mickael lui demandera de faire cuire des pates, il lui repondra " Nous n avons plus de gaz, nous faisons cuire au feu de bois, pourquoi n allez vous pas dans un restaurant"

Samedi 6 avril

Aujourd hui nous vivons notre premiere journee vraiment ensoleillee depuis notre arrivee. La chaleur se fait sentir... Nous nous arretons toutes les 2 heures pour boire et pour nous badigeonner de creme solaire : ici le soleil frappe fort. Nous marchons essentiellement sur le bithume ou du moins quand cela est possible sur le bas cote, le sol y est moins dur, cela permet de preserver nos pieds et nos genoux qui commencent a souffrir. Il y a beaucoup de lacets, lorsque nous le pouvons nous coupons a travers la vegetation cela parait moins monotone. Plus tard apres 30 minutes de descente dans un pierrier qui nous ramene au bord de la route. Une patrouille de police, nous voyant descendre nous attend : intrigues de nous voir ici a pied. Nous echangeons quelques mots puis ils repartent. Stephanie est epuise. Elle a les pieds en feu. Nous continuons notre route jusqu a Mercado la Grama ou nous nous installons pour la nuit dans un petit hostal. Apres avoir pris une douche froide nous laverons notre linge dans la laverie a l eau chaude. Contrairement a la douche celle ci est relier aux eaux thermales du site. Nous n aurons pas de mal a nous endormir ce soir.

Dimanche 7 avril

Pendant la nuit, Stephanie entend la pluie et me reveille pour aller chercher le linge etendu dehors.... quand tout a coup le reveil sonne, il est 5H30... et mince nous ne pourrons pas partir ce matin, le linge est trempe. Nous l installons sur un fil dans la chambre et nous nous recouchons. Vers 8H30, le soleil revient. Nous remettons le linge dehors pour qu il seche plus vite. En attendant nous nous preparons : petit dejeuner, brossage de dents, etirements... Je propose a Stephanie de rester une journee de plus et de repartir le lendemain. Stephanie me propose de partir avant midi en direction de Cauday pour eviter de payer une nuit de plus et d avancer sur l itineraire.... Nous prenons la route a midi, le temps est clement, ni trop chaud ni trop froid. Notre chemin est bien definit. Nous arrivons tard a Cauday, 18h. Quand nous arrivons sur la place du village, nous voyons l eglise fermee. Nous demandons a une vendeuse de poulet frite si elle sait ou vit le pretre. Elle nous apprend qu il habite a Cajabamba. Nous lui expliquons ce que nous cherchons et  elle nous demande si nous voulons rester dans n importe quelle maison.. Nous lui repondons que oui : elle nous invite a venir chez elle.
Elle s appelle Maria, elle a une trentaine d anne et vit avec sa grand mere et son grand pere aveugle suite a une chute. Sa fille de 17 ans vit et etudie a Lima.
Nous entrons par une porte qui donne sur la cour interieure. Des pierres plates sont disposees pour eviter la boue qui couvre le terrain. Il fait nuit nous n y voyons pas grand chose mais nous entendons des moutons et des poules. En avancant, nous decouvrons la maison, elle est ouverte sur la cour. Maria nous montre la cuisine, il n y a pas de gaz, c est au feu de bois que les repas sont prepares. La maison est un vrai capharnaeum, on y trouve toutes sorte de chose, des bassines, des sots, des outils, ... Des chiots, des chatons, des poules et deux chiens se balladent a travers tout ca.

La chambre chez Maria

Maria et Stephanie


Lundi 8 avril

Maria nous prepare un petit dejeuner avec du pain et une boisson chocolate a l eau. Nous lui disons au revoir et partons vers 8h. Nous arrivons vers 12h a Cajabamba ou nous restons 2 jours au presbytere pour nous reposer des 6 jours de trek et des 125 Kms que nous venons de parcourir.

Plat typique : poulet, frites, riz

Le marche de Cajabamba


Mardi 9 avril

Nous preparons notre itineraire pour Huamachuco ainsi que le ravitaillement. Nous sommes decu de ne pas pouvoir parler avec les deux pretres. Nous essayons de leur poser des questions pour entamer la conversation mais ce n est pas une tactique qui fonctionne. Nous aurons au moins pu nous reposer deux jours au sec et en securite.

2 commentaires:

  1. A croire que le Pérou, vous est hostile...
    Vous auriez dû partir avec un drapeau français sur le dos, les "gringos" n'auraient pas eu la même saveur je pense...
    en tout cas, faites bien attention à vous et profitez en bien, on pense bien à vous.
    Grosses bises de nous 4 pour vous 2.
    Alex.

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  2. Nous avons decide de nous peindre le visage en bleu blanc rouge.... le message devrait etre clair.

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